Historique

 

 

 

L’école «d’arts et métiers» d’Erquelinnes est un établissement secondaire libre subventionné. Fondé par les frères des écoles chrétiennes (Saint Jean-Baptiste de La Salle), elle s’adresse à des jeunes qui cherchent un enseignement technique de transition, technique de qualification ou professionnel. Si au début, elle avait un caractère industriel, l’école s’est ouverte aux formations plus générales.

Située au centre de la ville, à deux pieds de la gare, elle se veut particulièrement accessible par les moyens de transports conventionnels.

 

Date de fondation: 1910.

Elle a été fondée à Reims 1900 par les Frères des Ecoles Chrétiennes. Obligés de s'expatrier de France, les Frères viennent s'établir à Erquelinnes en 1910. L’école fut construite en deux ans.

De 1940-45 jusque 1954, l'école reste fermée car pendant la guerre les locaux ont été occupés par les troupes allemandes. De nombreux dégâts y furent occasionnés. Il fallait tout remettre en état.

En 1954-55, réouverture de l'école, reprise par les Frères belges. L'école était destinée à former essentiellement des ingénieurs. Depuis elle a toujours connu un bel essor et offert à ses étudiants diverses orientations dans l'enseignement technique et professionnel.

En 1967, on crée un complexe sportif avec salle de gymnastique et piscine.

En 1976, le dernier Frère Directeur Jean Schenk se retire.

Il sera succédé par Monsieur Milcamps, lui-même succédé par Monsieur Debacker en 1993. Actuellement, Monsieur Scohier dirige l'établissement depuis 2015.

 

 Qui est Jean Baptiste de La Salle ?

 

Bref aperçu historique

 

 

 L'ORIGINE

Saint Jean Baptiste de la Salle (1651-1719) a fondé à Reims l'ordre religieux des Frères des Ecoles Chrétiennes

 Cet ordre religieux qui avait pour vocation l'enseignement aux plus pauvres, l'apprentissage d'un métier, est à l'origine des premières écoles techniques. 

Une prestigieuse école Technique fut fondée à Reims en 1900, les Arts et Métiers.

 Au début des années 1900 un mouvement républicain anticlérical se développe en France et amène les lois de séparation de l'Eglise et de l'Etat, et particulièrement les lois "Combes" du nom du ministre Emile Combes qui interdit purement et simplement l'exercice de l'enseignement à toute congrégation ou organisation religieuse.

 Les biens des congrégations sont saisis et mis en gérance à des organisations républicaines et les religieux sont priés de se séculariser ou disparaître.

C'est la fin du Concordat institué par Napoléon. 

Les frères qui dirigeaient les écoles Françaises se sont tout naturellement tournés vers un pays proche de la France et qui parlait aussi la même langue. La délocalisation ne date pas d'aujourd'hui !!

Sans entrer dans les détails sachez que cette loi est à l'origine d'un grand nombre d'écoles de Frères hors de France, en Belgique, notamment Passy-Froyennes (St Luc Tournai), Hachy, Momignies, GrandHalleux, Givry, Erquelinnes, Estaimpuis, mais aussi en Afrique (Liban, Egypte) en Hollande (Sluis), au Canada, en Amérique du Sud, etc. 

La Belgique à cette époque comprenait déjà de nombreuses écoles de Frères, Malonne, Carlsbourg, Mons, Bruxelles……

 

 LES DEBUTS D'ERQUELINNES

 En 1908 les Frères de l'Ecole d'Arts et Métiers de Reims qui fut fondée en 1900 font l'acquisition d'un terrain en pente situé sur un versant de la Sambre à Erquelinnes en Belgique et décident d'y construire leur nouvelle école.

 Ce terrain appartenait à un fermier d'Erquelinnes, Camille LECOCQ qui possédait une vaste ferme au centre d'Erquelinnes, non loin de l'Eglise, qui existe toujours et qui est actuellement exploitée par une autre famille.

  Le choix d'Erquelinnes à surtout été motivé par la situation frontalière, la ligne de chemin de fer Cologne-Liège-Charleroi-Paris et surtout le bassin industriel de la Sambre, avec ses nombreuses usines, charbonnages, verreries et centrales électriques.

 La construction commence en 1910 par la confection de millions de briques qui ont été façonnées et cuites sur place dans les nombreux fours disséminés tout autour du chantier. On a fait venir tout spécialement des ouvriers flamands pour ce travail.

Toutes les difficultés inhérentes à un chantier aussi important ont été surmontées et la construction du bâtiment principal ainsi que des ateliers atteignent déjà un stade très avancé en 1910-1911.

 En 1911 on inscrit les 4 premiers élèves et les cours ont lieu dans une maison de la rue Ste Thérèse, en attendant l'achèvement des travaux.

 Les débuts sont très difficiles, le recrutement est malaisé et l'argent vient souvent à manquer (rien de nouveau comme vous pouvez le constater)

 Hélas quelques années après le démarrage voilà que se pointe déjà la première guerre mondiale. 

De grands bouleversements attendent la jeune école qui doit faire face à l'occupation des locaux par un flot de réfugiés venus de France, les tracasseries administratives de l'occupant, la réquisition au travail forcé des étudiants et professeurs.

 Au début de la guerre l'armée Française avait ordonné de raser les 3 étages du bâtiment principal, craignant que ce grand édifice dominant la région ne serve de point de repère à l'artillerie Allemande pour le bombardement des villes frontalières.

 Heureusement il n'en fut rien et le bâtiment n'eut pas à subir de dégâts importants.

 Après 1918 on peut dire que le véritable essor de cette école commence et l'ambitieux programme de constructions est poursuivi.

 L'objectif était au départ d'obtenir un ensemble de bâtiments entièrement fermé autour de la cour.

 On commence par ajouter une aile latérale au grand bâtiment, cette aile qui contiendra une grande chapelle et un réfectoire. Cette chapelle fut supprimée dans les années 70 pour en faire des classes.

 Puis s'ajoute un autre bâtiment situé à gauche des ateliers qui sera appelé le bâtiment "des Arts" et qui sera surtout destiné à abriter les élèves ingénieurs. 

Presque simultanément on entreprend l'agrandissement des ateliers (à l'origine, grand atelier uniquement) la construction d’une fonderie, d'un atelier de menuiserie et d’un atelier de moulage.

Un autre bâtiment dans la cour, à droite des ateliers verra aussi le jour, il comprendra au rez-de-chaussée de vastes locaux contenant divers laboratoires et une belle salle de spectacle au premier étage. 

Une ferme, un potager, un verger, un parc d'agrément avec étang et jet d'eau ainsi qu'un ensemble de 3 courts de tennis, un terrain de sports, une salle de gym, une salle d'escrime, une salle de bains avec douches et lave-pieds, de beaux réfectoires, de vastes dortoirs, un parloir……….

Les tilleuls ont étés plantés dans la cour en 1912……

Les années 20-40 peuvent être considérées comme celles de l'âge d'or avant guerre de cette école.

L'école était connue sous l'appellation de A.M.E.R, Arts et Métiers Erquelinnes-Reims.

Dans ces années, la moyenne des élèves oscillait entre 400 et 450. Ils étaient tous internes à de rares exceptions près.

Le 10 mai 40, suite à l'invasion de la Belgique par les troupes Allemandes, tous les élèves et les professeurs, à l'exception de quelques Frères Luxembourgeois sont évacués en train vers Paris ou certains élèves se dispersent pour rejoindre leurs familles, et le gros de la troupe trouve refuge à Lyon, dans une école dirigée par les Frères, (aux Lazaristes), et s'y installent tant bien que mal tandis que les élèves des cours préparatoires (Ecole Saint Joseph) trouvent refuge à Clermont Ferrand, à l’école Godefroid de Bouillon dirigée aussi par les Frères. 

Les Allemands ont occupé l’école d’Erquelinnes dès les premiers jours de la guerre pour servir de lieu de repos et jusqu'à la débâcle.

Au début, quelques locaux étaient réservés aux frères encore présents qui allaient donner cours à l'école des Sœurs de Jeumont car la plupart des instituteurs étaient mobilisés ou prisonniers. Par la suite ils ont du s'installer dans une maison d'Erquelinnes lorsque s'installa une unité de l'école de formation de l'Infanterie de l'Air Allemande.

Une tour d'observation ainsi qu'une batterie anti-aérienne fut construite sur la tour centrale du grand bâtiment.

Ce bâtiment faisait aussi office de Kommandantur, dirigée par l'Oberleutnant NOEUL qui était aussi en charge de l'école de l'Air; il occupait le même bureau que le directeur actuel.

La grande chapelle était divisée en chambrettes, les étages supérieurs en dortoirs et salles de jeux et de détente.

Le bloc 3 servait de prison pour les soldats Allemands indisciplinés, le bloc 4 était dévolu à l'infirmerie (lazaret) avec des chambres aménagées dans la salle de spectacle et l'infirmerie au rez-de-chaussée.

Les ateliers servaient de remise et de garage pour les véhicules, les réparations diverses, etc.

Le couvent de l'Immaculée Conception (l’école des Sœurs) ainsi que d'autres grosses maisons d'Erquelinnes abritait les officiers.

Au moment de la fin de la guerre, tous les allemands sont partis, non sans avoir entièrement miné les bâtiments, heureusement seul le bâtiment des Arts a sauté et a brulé, les autres charges étant de mauvaise qualité ils n'ont occasionné que des dégâts mineurs.

Les Allemands partis, quelques troupes alliées y on fait de brefs séjours et passée l'euphorie de la libération quelques locaux furent utilisés par l'école primaire d'Erquelinnes.

A la fin de la guerre, les élèves et enseignants restants des Arts et Métiers d'Erquelinnes établis à Lyon donnent naissance à une célèbre école qui a acquis une réputation internationale, l'ECAM, Ecole Catholique des Arts et Métiers de Lyon, et qui est actuellement une des meilleures écoles d'ingénieurs de l'Hexagone.

APRES LA GUERRE

En 1947 les frères français reviennent et tentent de faire redémarrer le grand navire.

Les dégâts sont importants et les réparations sont rapidement menées à bien avec le concours des « Dommages de Guerre ».

La tâche est quasi insurmontable, aussi décidèrent-ils de transférer tout le contenu restant à Lyon et de confier le destin de cette école aux frères Belges.

1955 voit le redémarrage officiel de l'ETAME, Ecole Technique d’Arts et Métiers Erquelinnes, par les Frères du district sud de Belgique, en collaboration étroite avec les Frères de Saint Luc à Mons. Actuellement on utilise l’acronyme EAME. (Ecole d’Arts et Métiers Erquelinnes), notre école faisant partie du réseau Lasallien.

Depuis ce jour, la constante évolution, le dynamisme de tous les directeurs qui se sont succédés ont fait que contre vents et marées ce grand navire a toujours gardé le cap.

AMER (Arts et Métiers Erquelinnes-Reims)

Arts et Métiers d'Erquelinnes était avant la guerre une école Française, dirigée par des Frères Français et dont les élèves étaient majoritairement de nationalité Française.

Bien sûr il y avait aussi une petite population d'élèves Belges (25-30%) mais quasi tous étaient internes.

On vivait en vase clos, entre hommes, pas le moindre élément féminin n'était toléré.

Les internes vivaient à la dure, mais dans une ambiance familiale et très pieuse.

Toutes les fêtes religieuses étaient célébrées avec solennité, les pratiques religieuses, messes, vêpres, salut, retraites, processions étaient de pratique courante. 

A titre d'exemple, voici un programme de journée d'un élève de préparatoire dans les années 35:

  • lever 5h30
  • 20 minutes pour la toilette -10 minutes de réflexion religieuse
  • 6h-7h cours de physique ou chimie
  • 7h-8h messe-petit déjeuner
  • 8h-9h30 géométrie ou français
  • ½ heure de récréation
  • 10h-11h30 atelier (sauf jeudi et dimanche)
  • ensuite déjeuner et récréation
  • 13h-14h30 géométrie ou histoire et géographie
  • 14h30-16h dessin géométrique ou français
  • ½ heure de gouter et récréation
  • 16h30-17h30 catéchisme ou histoire de l'Eglise
  • 17h30-18h30 algèbre ou arithmétique
  • 18h30-19h récitation de français ou d'histoire ou de géographie
  • après 19 h repas étude,  récréation, prière du soir, extinction des feux

J’imagine d’ici ce que cela donnerait aujourd’hui !

Comme vous pouvez le constater, pas le temps de se tourner les pouces.

Pourtant, les loisirs étaient très intenses, surtout le jeudi et le dimanche.

Théâtre, chorale, orchestre, concerts à l'occasion de fêtes religieuses telles que Sainte Thérèse, Saint Jean Baptiste, Saint Eloi, Sainte Jeanne d’Arc, fêtes sportives, matchs de foot ou de basquet, compétitions de tennis, d'athlétisme, de ping-pong, concours d'éloquence, promenades, visites d'usines, sorties pique-nique, entretien des jardins, de la cour, potager, bibliothèque, clubs et amicales par région, collections de minéraux, travaux de bricolage ( loisirs actifs ) conférences hebdomadaires, cinéma, émissions religieuses à la radio ………bref tout était fait pour empêcher l'oisiveté, mère de tous les vices comme on disait à l'époque (et je pense que c'est encore d'actualité, mais je peux me tromper…….. ??)

Les élèves rentraient chez eux à Noel, Pâques et aux grandes vacances, les visites des parents étaient autorisées avec sortie après la messe du dimanche mais retour pour les vêpres.

Les visites de parents autres que père et mère (oncles, tantes, cousins) se passaient uniquement dans le parloir.

Le courrier entrant et sortant était lu. Pas question de correspondre avec une cousine ou petite amie…… 

LES ETUDES

AMER était une école d'ingénieurs.

4 années de préparatoire à l'Ecole Saint Joseph sanctionnées par un examen d'entrée, qui était aussi ouvert aux élèves venant d'ailleurs.

Cet examen était très sélectif et seuls les meilleurs éléments avaient accès aux Arts et Métiers.

Les études d'ingénieur duraient 3 ans et le diplôme d'Ingénieur des Arts et Métiers était obtenu par les élèves ayant obtenu au moins 15 sur 20 à leur épreuve finale.

Les autres obtenaient un titre d'élève Breveté des Arts et Métiers.

Les diplômes étaient reconnus par la Belgique mais pas par la France et les Ingénieurs étaient obligés de passer une année supplémentaire dans une grande école Française pour se voir reconnus en France.

Les trois années d'ingénieur étaient surtout orienté math-science-technologie et atelier.

Tous les projets de fin d'étude consistait en l'étude, le dessin, la réalisation complète d'une machine, tour-raboteuse-étau-limeur-grue, qui était entièrement fabriquée dans les ateliers, depuis la confection des moules, la fonte des pièces, l'usinage et l'assemblage final.

Ces machines étaient par la suite utilisées dans les ateliers

Le bloc 3 appelé Bâtiment des Arts était dévolu aux élèves ingénieurs, il comprenait des salles de classe, une vaste salle de dessin ainsi qu'une salle de détente au sous-sol

L'espace entre les blocs 2 et 3 était occupé par 3 courts de tennis et un magnifique parc était aménagé derrière le bloc 3.

Le bloc 4 comprenait au rez-de-chaussée les laboratoires de chimie, d'électricité, d'essais mécaniques et le premier étage était la salle de spectacle.

Aux ateliers il y avait, outre le grand atelier comprenant une importante section pour l'ajustage, des tours, fraiseuses, étau-limeur, il y avait aussi une forge, une menuiserie qui servait principalement à la section de fabrication des moules de fonderie qui effectuait une coulée 2 à 3 fois par mois.

Aux étages était installé un bureau d'études, sorte de lieu de stage interne ou les élèves ingénieurs étudiaient et concevaient les machines de leur projet de fin d'études.

En outre il y avait aussi un hall de montage et d'essai des nouvelles machines une ébauche de section soudure autogène et de vastes locaux de stockage de matériaux et d'outils.

En 2011 nous avons fêté le Centenaire de notre école.

Paul Vandendael, Archiviste

 

Quelques photos de la construction de l'école.